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Concevoir et réaliser un mouvement

Au cours de son histoire et au fur et à mesure des inventions et des progrès réalisés par les plus grands horlogers, l’horlogerie est graduellement parvenue à obtenir des mouvements mécaniques de plus en plus fiables, précis et sophistiqués.

Mais créer un mouvement mécanique d’horlogerie reste une tâche qui nécessite des années de développement. Ce développement est confié à des ingénieurs en horlogerie et en micromécanique qui, à l’aide des outils de conception assistée les plus sophistiqués, vont concevoir le mouvement, en réaliser un prototype fonctionnel, le vérifier, le valider puis en dessiner toutes les pièces en vue de sa fabrication en série.

Il faut savoir qu’un mouvement mécanique est composé de centaines de pièces, dont certaines sont microscopiques (le micron est une des mesures courantes en horlogerie), qui doivent toutes s’ajuster parfaitement et concourir efficacement au bon fonctionnement de l’ensemble. Un mouvement horloger est ainsi comparable à une architecture aussi savante que minuscule.

Dans une manufacture moderne, la fabrication coordonnée de tous ces composants est répartie entre de nombreux spécialistes et des dizaines de métiers différents.

Dans un premier temps, on façonne chaque composant du futur mouvement. Cette fabrication, selon les pièces, emploie des techniques diverses : on dégage directement le bloc de matière ou on l’étampe, on utilise de complexes machines à commande numérique, on découpe certaines pièces au laser, on les abrase… Les processus varient selon les formes des composants, leur matière, leur fonction. Une fois façonnés, ces éléments vont subir toute une série de transformations. Ici, on va percer les pièces destinées à recevoir les axes des rouages, là on va usiner les logements où viendront s’insérer d’autres éléments, ailleurs on va affiner au micron les profils, tailler les dents des rouages…

Dans toutes ces opérations, si la machine joue aujourd’hui un rôle primordial, la main de l’opérateur n’est pas en reste. Créer un mouvement mécanique de Haute Horlogerie nécessite un contrôle permanent de chaque composant lors de chacune de ses phases de transformation. Par ailleurs, le savoir-faire - et parfois même le "secret" de fabrication transmis de génération en génération - va jouer un rôle primordial.

Chaque composant, une fois son usinage terminé, est théoriquement prêt à être assemblé. Mais la particularité d’une montre de Haute Horlogerie est de renfermer un mouvement qui, bien que souvent invisible, soit aussi parfaitement terminé et décoré que les parties visibles. Chaque pièce du mouvement va donc être patiemment polie ou satinée, voire ornée, gravée ou décorée, les vis vont être "bleuies" à la flamme, les arêtes des pièces vont être "anglées"…de façon à donner au mouvement une beauté, un éclat et une perfection tout particuliers.

L’horloger va ensuite monter le mouvement. C’est une tâche longue, minutieuse et très exigeante. Depuis des siècles ses gestes sont semblables. Sur son établi, l’horloger a disposé tous les éléments en face de lui. Sur la platine, base du mouvement, il va peu à peu édifier la fine architecture mobile qui va lentement prendre vie. Son œil collé à la loupe, il va articuler les pièces entre elles, visser les éléments, les ajuster patiemment avant de les régler, s’assurant pièce après pièce de la bonne marche du mouvement qui est en train de naître.

METIERS EN RELATION AVEC LA CONCEPTION ET LA FABRICATION D’UN MOUVEMENT :
- Ingénieur, constructeur
- Prototypiste
- Micromécanicien
- Opérateur CNC
- Horloger monteur
- Horloger régleur

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